Histoire & Patrimoine de la commune

Récit de notre mémoire locale

Cette page est entièrement racontée par un passionné d’histoire de la commune.

Nous allons revenir sur l’histoire du patrimoine mais également des personnes qui ont marqué l’histoire communale.

Patrimoine & Figures locales : L’Abbé René Loiseau

L’Abbé René Loiseau (1885–1972)

Curé de Saumeray pendant un demi-siècle et soldat d’exception

Portrait de l'Abbé Loiseau avec ses décorations
L’Abbé Loiseau et ses décorations militaires
Portrait de l'Abbé Loiseau en soutane et béret
L’Abbé René Loiseau

Quelques faits marquants :

  • Curé de Saumeray pendant 51 ans
  • Chevalier, Officier, Grand officier et Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Croix de guerre 1914-1918 avec 2 palmes et 3 étoiles
  • Croix de guerre 1939-1940 avec 1 palme
  • Médaille des blessés pour 6 blessures (1914-1918) et 2 blessures (1939-1940) au combat
  • Médaille des combattants volontaires
  • Médaille de Verdun avec inscription sur le grand livre d’or de la ville de Verdun

Le 24 février 1972, la commune de Saumeray perdait le Chanoine René Loiseau (curé de Saumeray pendant 51 ans) et aussi le plus connu et le plus décoré de ses anciens combattants. Essayons ici de résumer sa vie en ne retraçant que les évènements les plus importants.

René Loiseau est né le 15 mai 1885 à Selommes dans le Loir-et-Cher. Son père était vigneron et la famille comptait cinq enfants. Très tôt, il eut la foi religieuse et, très jeune, il entra au petit Séminaire de Saint-Chéron à Chartres où il fit ses études ecclésiastiques.

En 1904, il effectue son conseil de révision. L’Abbé Loiseau apprend que les élèves ecclésiastiques ne sont plus obligés d’effectuer leur service militaire. Il prend cela pour de la persécution religieuse (il a été élevé comme les enfants de cette époque avec des idées patriotiques, dans l’esprit de la revanche de la guerre de 1870, son oncle et le parrain de son père s’étant battus à Loigny-la-Bataille). En 1905, il effectue donc son service militaire comme volontaire pour une période de deux ans au 113ème Régiment d’Infanterie et en ressort avec le grade de caporal.

Après son service, il retourne au séminaire pour finir ses études et, en 1911, il est ordonné prêtre en la cathédrale de Chartres. Ensuite, il passe une période de trois ans comme vicaire à la paroisse d’Illiers. En juin 1914, après une période de réserve militaire de 17 jours, il ressort avec le grade de sergent de réserve.

La Grande Guerre (1914-1918)

Le 1er août 1914, la Première Guerre mondiale éclate. L’Abbé Loiseau est incorporé au 313ème régiment d’infanterie. C’est près de Longwy qu’il connaît son premier combat. L’armée française bat en retraite jusqu’à la célèbre bataille de la Marne qui arrête la progression allemande début septembre.

L’Abbé Loiseau participe à tous ces mouvements puis stationne à la côte 305 près de Vauquois, en Argonne, où le 26 septembre il est blessé pour la première fois. Après s’être battu courageusement, il tombe d’épuisement le 28 septembre et reçoit une 1ère citation à l’ordre de l’armée, lui donnant droit à la Croix de guerre avec 1 palme. Il réintègre son régiment en février 1915, est nommé adjudant en mai, puis sous-lieutenant en juin 1915 au 170ème régiment d’infanterie.

Tranchées à Verdun
Tranchées à Verdun – secteur du Bois de la Caillette (Photo prise par l’Abbé Loiseau)

Puis arrive la terrible année 1916 et l’enfer de Verdun. L’Abbé Loiseau se bat dès les derniers jours de février pour la défense du village de Vaux et participe à la contre-attaque sur Douaumont. Le 28 avril, dans le secteur du Bois de la Caillette, il mène une contre-attaque audacieuse qui lui vaut une nouvelle citation. Il est blessé deux fois dans la même journée : enterré vivant puis touché par une balle qui s’écrasera miraculeusement sur le crucifix en fer qu’il portait en pendentif ! Mis hors de combat par une grenade dans l’après-midi, il est évacué vers Orléans.

En août 1916, on le retrouve sur le front de la Somme (à Cléry), où il se distingue à nouveau par son sang-froid et ses actions d’éclat sous les tirs ennemis.

En mai 1917, en Champagne près de Reims, il est blessé par une grenade à fusil le 2 mai, puis asphyxié par des obus à gaz le 3 mai. Le 4 mai 1917, lors de l’attaque du Champ du Seigneur, commandant la 3ème compagnie du 170ème RI, il est blessé par balle au bras et au côté gauche. Sa compagnie se trouvant encerclée après le repli des unités de liaison, il se bat jusqu’au bout. Une balle l’atteint à la tête à dix pas et il tombe sans connaissance. Déclaré mort au champ d’honneur, son éloge funèbre est célébré.

Obusier allemand
Abbé Loiseau sur la gauche appuyé sur un obusier allemand en Champagne.
Prisonnier de guerre
L’abbé Loiseau (en haut à gauche), prisonnier de guerre avec son bandage.

Un mois et demi plus tard, on apprend qu’il est vivant : ramassé sur le champ de bataille, soigné par les Allemands (il subit une trépanation), il est interné au camp de Mannheim où il devient le grand aumônier du camp. Libéré en mars 1919, il rentre avec la Croix de guerre (2 palmes et 3 étoiles) et est fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

Le Curé de Saumeray (1921-1972)

Refusant une carrière militaire comme aumônier, sa vocation profonde est d’être un curé de campagne au service de ses paroissiens. Après un passage à Charonville, il est nommé curé de Saumeray en 1921.

Avec sa sœur
L’abbé Loiseau avec sa sœur Mademoiselle Hélène.

Homme aux multiples talents, il fait ériger la statue de Sainte-Thérèse de Lisieux en 1927 et découvre la même année les peintures murales de l’église de Saumeray. Capitaine de réserve en 1929, il anime la vie religieuse et rurale du village. Durant les années 1930, il élève des chiens, pratique l’apiculture (miel et hydromel renommés) et est secondé dans ses tâches par sa sœur, Mademoiselle Hélène, qui tient un commerce de bonneterie et de lingerie au presbytère.

En mai 1939, il fait ériger plusieurs calvaires dans la commune et les environs (Grand Bois, Ludon, Néron, Montemain, cimetière et Bouville).

Mobilisé de nouveau en septembre 1939 au 271ème RI, il est blessé en décembre sur le front belge. En juin 1940, face à l’avancée allemande, il réarme des soldats français en retraite et organise la résistance près de Château-Gontier, où il est grièvement blessé et perd l’usage d’un bras. Fait prisonnier puis libéré en 1941 en raison de ses blessures, il regagne sa cure de Saumeray, où il monte notamment des pièces de théâtre avec les jeunes pour soutenir les prisonniers de guerre.

Abbé Loiseau après-guerre
L’Abbé Loiseau après-guerre.
États de service
États de service de l’abbé Loiseau (1914 – 1918).
Place des Épars
Remise de distinction, Place des Épars à Chartres.

Fait Commandeur de la Légion d’Honneur en mars 1950, puis Grand Officier en novembre 1961 (le rang le plus élevé qu’un militaire puisse recevoir), il célèbre son jubilé sacerdotal la même année. En 1970, il offre sa cravate de Commandeur au musée de Loigny-la-Bataille lors du centenaire de la bataille.

Le 23 février 1972, après avoir assuré le catéchisme aux enfants, l’Abbé Loiseau s’éteint paisiblement au presbytère dans la soirée du 24 février, à l’âge de 87 ans. Il repose désormais dans le cimetière de Saumeray, près du grand calvaire.

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Patrimoine & Édifices : L’église Saint-Jean-Baptiste et ses fresques

L’église Saint-Jean-Baptiste de Saumeray

Un joyau de l’architecture beauceronne et ses fresques miraculeuses

Vue générale de l'église Saint-Jean-Baptiste de Saumeray
Vue générale de l’église Saint-Jean-Baptiste de Saumeray.

Modeste mais pittoresque agglomération coquettement installée au bord du Loir, entre Bonneval et Illiers, Saumeray témoigne par ses fermes cossues et ses plaines de froment que l’on se trouve au cœur même de la Beauce, grenier de la France. Parmi ses richesses patrimoniales, l’église Saint-Jean-Baptiste retient particulièrement l’attention.

De construction fort simple mais non dénuée de caractère, l’édifice comporte une seule nef comprenant sept travées, séparées par des contreforts de « grison », sorte de grès calcaire particulier à ces contrées. Éclairée par des baies en plein cintre, elle est couronnée d’une fort belle charpente lambrissée en berceau, et se trouve flanquée à son angle nord-est d’une tour en pierres soigneusement appareillées, de construction plus récente.

Travaux de réfection dans l'église de Saumeray
Travaux de réfection et premiers sondages dans l’église.

L’histoire de la découverte de ces peintures relève du hasard. En réparant les bardeaux du lambris, des ouvriers avaient par mégarde écaillé l’enduit qui recouvre entièrement les murs intérieurs. Une peinture semblait s’abriter sous ce badigeon. Averti de cette trouvaille, l’Abbé Loiseau, curé de Saumeray, entreprit de mener lui-même les recherches avec une patience minutieuse, armé d’une simple petite truelle pour gratter les parois sans altérer les couches anciennes.

Lorsque la conviction de l’Abbé prit corps, l’avis de l’éminent archiviste du diocèse de Chartres, l’Abbé Delaporte, vint confirmer l’intérêt artistique exceptionnel de la découverte. Un travail patient de dégagement permit de mettre au jour un premier sujet complet : une sainte debout tenant un livre, abritée sous un arc brisé, dont les capitales ornées permettent d’attribuer l’œuvre à la fin du XVe siècle ou au premier tiers du siècle suivant.

Exécutées à la trempe avec de l’ocre rouge et jaune, du noir et du blanc, ces peintures s’apparentent par leur technique à la gravure sur bois, rappelant les figures des anciens livres de piété.

L’effort de l’Abbé Loiseau ne s’arrêta pas là. Au-dessus de la chaire, il mit au jour un grand personnage aux traits très fins, et en face, un vaste panneau représentant une Descente de Croix d’environ trois mètres de hauteur sur deux mètres cinquante de largeur. On y distingue la croix drapée d’un grand voile ocre rouge, la Vierge soutenant le corps du Christ, ainsi que Marie-Madeleine et un personnage en adoration muni d’un bâton à crosse. Plus loin, d’autres scènes majeures ont surgi des enduits, telles que l’Apparition du Christ à Marie-Madeleine, le Christ au tombeau veillé par les apôtres, et une large fresque de l’Ascension.

Avancée des travaux de dégagement des fresques
Chantier de grattage et découverte des décors muraux dans la nef.

Grâce au soutien des autorités ecclésiastiques, préfectorales et municipales, ces travaux de sauvegarde ont permis de rendre à l’église de Saumeray un cachet artistique et historique de premier plan, attirant les regards ébahis des passionnés d’art sacré et de patrimoine local.

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Histoire & Patrimoine : Cartes postales anciennes de Saumeray

Mémoire visuelle du village

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